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AU DELA DES NOTES: ET SI LES BLOCAGES N'ETAIENT PAS UNE QUESTION D'INTELLIGENCE?

2 octobre 2026 20 lectures

Il vaut mieux agir avec les moyens du bord que d’attendre que tout soit parfait. Même au bout d'une longue journée, trouvons le temps d'avancer sur les projets qui nous tiennent à cœur, car chaque expérience a quelque chose à nous apprendre. Dans mon rôle d'enseignante, j'apprends surtout que derrière un apprenant qui semble désintéressé, il y a souvent une histoire que nous ignorons ...

Je me lève vers 7 heures du matin et je ne rentre généralement que vers 08 heures du soir. Mes journées sont largement occupées, et il m’arrive de me demander comment je parviens à tout gérer.

Je n’ai pas nécessairement le métier de mes rêves, mais je considère qu’il n’y a aucune honte à travailler et à gagner honnêtement sa vie. Il vaut mieux avoir quelque chose entre les mains pour subvenir à ses besoins que de rester sans rien faire en attendant que tout soit parfait.

D’ailleurs, ce n’est pas ma première expérience dans l’enseignement. J’ai déjà enseigné auparavant, et je continue à le faire aujourd’hui, à ma manière et avec les moyens dont je dispose.

Ce poste n’est peut-être pas un emploi à temps plein, mais il occupe une bonne partie de mon temps. Et, même si je pourrais me contenter de rentrer chez moi après une longue journée de travail pour me reposer, je profite aussi de mes moments libres pour avancer sur les projets qui me tiennent à cœur.


Entre la rédaction de publications, la planification des réunions de Tech Bridge Center, les activités de mentorat, les rendez-vous et les autres tâches, qu’elles soient prévues ou imprévues, mes journées sont toujours bien remplies...

Il faut également compter mes activités en ligne, que je continue à développer parallèlement à mes responsabilités professionnelles. J’essaie de trouver du temps pour tout, même si cela demande parfois beaucoup d’organisation.

Dans le cadre de mon travail, je fais partie de l’équipe d’anglais langue seconde (ESL). J’interviens notamment dans des cours de compréhension orale et d’expression orale, de rédaction académique, de techniques de présentation et de compréhension écrit.

J’accompagne également des apprenants en ligne. C’est une activité que je développe progressivement et qui me permet de continuer à transmettre mes connaissances tout en découvrant de nouvelles façons d’enseigner.


Si vous me demandez ce que je pense de cette expérience, je dirais que j’apprends beaucoup, aussi bien sur le plan professionnel que sur le plan humain.

Les apprenants que je côtoie sont particulièrement jeunes, généralement âgés de 16 à 23 ans. J’aime être entourée de jeunes. J’aime échanger avec eux, découvrir leur manière de penser et comprendre les réalités auxquelles ils sont confrontés.

Mon rôle est de les coacher en anglais. Cependant, je me retrouve parfois face à des jeunes qui semblent ne pas avoir les bases nécessaires pour suivre leurs cours. Je me pose alors certaines questions :

ont-ils réellement acquis les connaissances attendues à la fin du lycée ? Comment en sont-ils arrivés là ? Qu’est-ce qui explique leurs difficultés ?


Au-delà de ces interrogations, je me rappelle que mon rôle n’est pas de les juger. Il est de faire ce qui est en mon pouvoir pour les aider à sortir de cette situation.

Puisqu’ils ont la possibilité de suivre leurs cours en français ou en anglais, je leur demande souvent s’ils aiment réellement cette langue et ce qui motive leur choix.

Les réponses sont parfois surprenantes. Beaucoup me disent que ce sont leurs parents qui ont fait ce choix pour eux. D’autres reconnaissent qu’ils ne sont pas véritablement impliqués dans leur apprentissage ou qu’ils n’ont pas un intérêt particulier pour l’anglais.

Je comprends que certaines personnes apprennent les langues plus naturellement que d’autres. Mais, après avoir observé différents profils, je me rends compte que les difficultés ne sont pas toujours liées aux capacités d’apprentissage. D’autres facteurs peuvent entrer en jeu.

En discutant avec certains apprenants, je découvre parfois des expériences qui ont marqué leur parcours. Certains me racontent que leurs parents les comparaient constamment aux autres. D’autres évoquent un professeur qui n’était pas toujours présent ou des expériences négatives qui ont influencé leur rapport à l’anglais.

Ces échanges m’amènent à réfléchir à la manière dont certaines croyances peuvent s'installer dès l'enfance. Un enfant qui entend régulièrement que l’anglais est difficile peut finir par le croire avant même d’avoir réellement essayé de l’apprendre. De la même manière, un élève qui a vécu une expérience désagréable avec un enseignant peut finir par associer la matière qu’il enseigne à cette expérience.


Parfois, ce n’est donc pas uniquement la langue qui pose problème, mais aussi la perception que l’apprenant a développée à son égard. Il peut être convaincu qu’il n’est pas capable de parler anglais, qu’il n’aime pas cette langue ou qu’il ne réussira jamais, alors même qu’il n’a pas encore eu l’occasion de découvrir pleinement son potentiel.

Les comparaisons répétées avec les frères et sœurs, les camarades de classe ou d’autres enfants peuvent également fragiliser la confiance en soi. À force d’entendre qu’un autre enfant est meilleur, plus intelligent ou plus doué, certains finissent par intérioriser l’idée qu’ils sont moins capables que les autres.


Ces paroles et ces expériences, parfois banalisées par les adultes, peuvent laisser des traces. Elles risquent d’influencer la motivation, la confiance en soi et la manière dont un jeune aborde ses apprentissages.

Bien entendu, je ne prétends pas que toutes les difficultés rencontrées par les apprenants trouvent leur origine dans leur enfance ou dans leur environnement familial. Certains ont besoin de reprendre les bases, d’autres manquent de motivation ou doivent simplement trouver une méthode de travail qui leur convient. Mais ces échanges m’apprennent à ne pas tirer de conclusions trop rapidement.

Derrière un apprenant qui semble désintéressé, il peut y avoir une histoire que nous ignorons.


l'enseignement ne consiste pas uniquement à transmettre des connaissances ou à évaluer des performances. Il faut aussi savoir écouter, observer et comprendre que chaque apprenant arrive avec son histoire, ses difficultés, ses ambitions et parfois ses blessures.

Nous avons souvent tendance à juger les résultats sans chercher à comprendre ce qui se passe en amont.


Je ne prétends pas avoir toutes les réponses. Mais je crois qu’il est important de faire preuve d’un minimum d’empathie avant de porter un jugement sur quelqu’un.

Accompagner un jeune, ce n’est pas simplement lui donner des cours. C’est aussi essayer de comprendre ses besoins, l’encourager lorsqu’il doute de lui-même et l’aider à prendre conscience de ses capacités.

Parfois, il suffit de changer notre manière de parler à un apprenant, de lui donner davantage de temps ou de lui montrer qu’il est capable de réussir pour l’aider à porter un regard différent sur lui-même.

Cela ne signifie pas qu’il faut renoncer à l’exigence. Au contraire, il est possible d’être exigeant tout en faisant preuve de compréhension. Aider quelqu’un à progresser, ce n’est pas faire le travail à sa place, mais lui donner les outils nécessaires pour qu’il puisse avancer progressivement et devenir plus autonome.

Je pense notamment à ces jeunes qui arrivent en classe avec la conviction qu’ils ne sont pas doués pour l’anglais. Mon rôle n’est pas de leur promettre que tout sera facile, mais de leur montrer que leurs difficultés actuelles ne déterminent pas nécessairement ce qu’ils seront capables de faire demain.

J’apprends ainsi à regarder au-delà des apparences et à reconnaître que le potentiel d’une personne ne se résume pas à ses résultats du moment.


Il n’est pas toujours facile de concilier toutes ces responsabilités. Certaines journées sont particulièrement longues, et il m’arrive de devoir revoir mon organisation pour faire face aux imprévus.

Je sais que je ne suis peut-être pas encore exactement là où je souhaite être sur le plan professionnel, mais je refuse de considérer cette étape comme une perte de temps car je suis reconnaissante à Dieu.

Chaque expérience peut nous apprendre quelque chose. Chaque rencontre peut nous apporter une nouvelle perspective. Et chaque difficulté peut devenir une occasion de mieux comprendre les autres, mais aussi de mieux me comprendre moi-même.


Au fond, nous sommes tous en chemin. Certains avancent plus vite, d’autres ont besoin de davantage de temps. Certains savent déjà ce qu’ils veulent, tandis que d’autres cherchent encore leur voie.


Et vous, avez-vous déjà rencontré une personne dont vous avez fini par comprendre le comportement après avoir découvert son histoire ?

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